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Un premier débat très riche ! Imprimer

hc1g4250Le débat du 18 octobre 2010 inaugurant la concertation publique autour du projet Arena a été très nourri. Pendant presque trois heures, Nanterriens, habitants du Parc Nord, responsables associatifs, sportifs, militants et élus ont interrogé les responsables de la ville, de l’EPASA et du Racing Metro présents à l’Agora.

De nombreuses questions ont été posées et certaines préoccupations évoquées : la circulation lors des événements, l’aménagement des espaces publics, la construction de nouveaux bureaux dans un quartier qui en compte déjà beaucoup, le bruit et l'environnement, la réalité des emplois créés et la possibilité pour les Nanterriens de profiter des matchs et des spectacles à des tarifs accessibles.

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Les inquiétudes des habitants du quartier

Les plus inquiets : les riverains, certains habitants du Parc Nord. «On n’est pas contre, on est tout contre » lance sous forme de boutade Bernard Marel, président de l’association de riverains  "Acri-Liberté" après une intervention où il dénonce les contraintes liées à «une grosse machine à fric» : selon lui, le projet ne répond pas aux demandes des habitants, concernant l’animation du quartier, l’absence de commerces ouverts le soir, le déficit en logements. Côté circulation, le pire est à prévoir les jours d’événements.
Même préoccupation chez Christian Romain : «Vous nous parlez de 28 grands événements seulement dans l’année, mais cela signifie pour nous  1 samedi sur 2 où on ne pourra pas inviter nos amis car ils n’auront pas le fameux badge d’accès dans le quartier bouclé… Et c’est sans compter les énormes camions qui viendront installer et démonter la scène… Il n’y avait pas urgence à construire une Arena, l’urgence est de régler la problématique  du quartier : les commerces et les logements».
Jacques Capet, vice-président de "Naturellement Nanterre", explique les réticences de son association qui milite depuis longtemps pour créer à cet endroit une coulée verte. Selon lui, le futur stade privera de nature et de visibilité les habitants du quartier. Les riverains souffriront également de bruit, de cohue et de diverses nuisances.
Soll Sanchez, président de l’association de défense des résidents des Groues, s’inquiète des futures voies de circulation qui vont défigurer le quartier et demande si son quartier sera touché par la modification du PLU (Plan Local d'Urbanisme).
Sebastien Martin, habitant du Parc Nord et membre des Verts s'interroge sur la proportion logements/bureaux, l'importante pollution visuelle qui sera provoquée par le stade ainsi que sur les problèmes de sécurité  si les spectateurs arrivent par la passerelle.
Une riveraine demande à ce que le Racing s'engage à n'accueillir que des matchs de rugby dans l'Arena et qu'un plan anti-bruit soit mis en place.

Les réponses

-sur l’aménagement des voies de circulation : Alexandre Villatte représentant l’EPASA rappelle le projet de doublement de la RD914 et demande, en attendant sa réalisation, que la circulation interne du quartier du parc soit très protégée pour les riverains. Les premières études réalisées par l’EPASA permettent d’établir la faisabilité de la mise en deux fois deux voies, y compris au niveau du boulevard circulaire, car un carrefour avec feux pourrait être créé.  Le point le plus critique serait au niveau du pont de Courbevoie, mais avec des solutions techniques là encore envisageables et sans empiéter sur le bâti existant (logements et cimetières).

 -sur les camions : Pascal Simonin, de Stadome, précise que les plus gros spectacles nécessitent une cinquantaine de camions, 25 pour la scène elle-même, 25 pour le spectacle. 15 semi-remorques devraient pouvoir stationner sur le futur parvis de l’Arena par l’accès nord et quelques autres sur la pelouse du stade le temps du déchargement. Les autres camions resteront seulement le temps de livrer puis partiront stationner plus loin, à 5-10 km de l’Arena.

-le nombre d’événements : le chiffre de 225 événements évoqué dans le dossier concerne selon Pascal Simonin  toutes les activités et réunions organisées à l’Arena, y compris les conventions d’associations regroupant vingt personnes. Seulement 28 grands événements, rassemblant plus de 15 000 spectateurs, sont prévus chaque année.

-sur la nature des matchs joués: la pelouse étant synthétique explique Pascal Simonin, on ne peut en modifier les lignes, on n'y jouera donc jamais au football.

Les questions des sportifs, l'accès du stade aux Nanterriens, les créations d'emploi

hc1g4316Sebastien Rousset, un supporter du Racing venu de l’Est parisien interpelle Pascal Simonin sur la nécessité de construire un équipement qui permette d’être au plus près des joueurs. Le pari sera tenu affirme Pascal Simonin, évoquant un stade en chaudron « à l’anglaise », avec un premier rang à 3m50 ou 4m du terrain –assez différent du Stade de France.
Alain Rameau, de l’association "La Mêlée Nanterrienne" se félicite de ce débat et de l’arrivée prochaine du stade tout en demandant des garanties afin que les emplois créés bénéficient bien aux jeunes de Nanterre
Samuel Rijik, vice-président du club omnisports de Nanterre et Jean-Pierre Guily, président de l’OMEPS, insistent sur la nécessité de signer des conventions avec le Racing Metro 92 pour aider les clubs sportifs de la ville à se développer : « c’est du donnant-donnant ».
Concernant cette ouverture aux autres sports, Pascal Simonin se dit prêt à accueillir les basketteurs de Nanterre : « le jour où cette équipe ne pourra plus accueillir ses spectateurs dans le palais des Sports parce qu’ils sont trop nombreux, alors on le fera à l’Arena ».
Jean-Paul Rousseau, supporter du Racing, souligne la qualité du public rugby et des valeurs qui les habitent, notamment le fait qu'il n'y avait jamais d'incident avec les supporters du Racing qui viennent au match en famille. Il pense que le stade est une chance pour Nanterre.

Le prix des places et donc l’accès possible ou pas des Nanterriens aux matchs et aux concerts ou spectacles est évoqué de nombreuses fois.

Bintu Mulongo, de l’AFAS (Action des Femmes Africaines Solidaires  pour le Développement) demande que ce projet permette de valoriser vraiment les compétences des jeunes et des femmes, en créant de vrais emplois, pas seulement des postes de femmes de ménage. Son inquiétude : voir l’Arena se réaliser et que les Nanterriens n’y participent pas, n’en bénéficient pas.

 Les réponses 

Pascal Simonin explique qu'à Colombes les places les moins chères sont à 5 ou 10 euros  et que tout sera fait pour qu'une politique comparable soit mise en place dans Arena 92. Sur les concerts, il indique que ce n'est pas Arena 92 qui fixe les tarifs mais les producteurs et donc qu'il ne peut pas s'engager là-dessus. Il rappelle néanmoins la politique qu’il a mise en oeuvre quand il était responsable du Stade de France et les places offertes chaque fois que possible -quand le stade n’est pas plein- aux associations de riverains.
Le maire Patrick Jarry  affirme qu’il sera très exigeant sur l’ouverture de l’Arena aux Nanterriens : «Nous ne donnerons pas notre accord à sa réalisation si nous n’obtenons pas un accord avec l’Arena pour garantir un accès de tous au stade ». Patrick Jarry souligne également l’importance d’une visite à Saint-Denis afin  de dialoguer avec l’association des riverains du Stade de France et la municipalité dyonisienne pour connaître les questions à anticiper.

 La position des élus et des militants

hc1g4381-Sophie Donzel, 2ème adjointe au maire, membre du groupe socialiste au conseil municipal, rappelle que la majorité municipale est divisée sur ce vote. L’Arena est pour elle un projet qui ne répond pas aux besoins des habitants en matière de commerces et de logements et qui aggravera la saturation  du RER A. Elle évoque le danger provoqué par cet afflux de piétons sur le petit escalier de la passerelle Chemetov, ainsi que les problèmes de bruit provoqués par les supporters après les matchs. Quant à la salle polyvalente qui lui semble payante, elle craint qu’elle soit trop chère pour les faibles moyens des associations et particuliers nanterriens.
-Frédéric Lefret, président du groupe Nanterre populaire au conseil municipal, se félicite, lui, de cet équipement qui sera un atout pour Nanterre, y compris en termes d’image. Il souhaite que ce projet soit ouvert au maximum sur la ville, ouvert aux associations et aux très nombreux étudiants.
-Même réaction positive de Pierre Creuzet du groupe Modem/PRG pour lequel l’Arena représente une chance unique pour Nanterre, apportant vie et attractivité au quartier des Terrasses
-Corine Husson, conseillère municipale, du groupe Nanterre populaire, estime le projet Arena bénéfique pour l’image et le rayonnement de Nanterre.
-Jamel Mazouzi, adjoint au maire chargé des sports et de la petite enfance, souligne également son attachement à ce projet. Il rappelle qu'il a emmené une centaine de jeunes voir un match du Racing à Colombes et qu'ils sont revenus enthousiastes en demandant quand le Racing installerait son stade à Nanterre.
Christophe Teisseire, militant à Europe Ecologie/Les verts rappelle l’opposition de son groupe à ce projet. Toutes les Arena créées en Europe selon lui le sont en périphérie des villes, sauf l’Arena 92 qui serait construite au cœur de Nanterre. Il demande des précisions sur les problèmes de stationnement les jours d’événements, sur l’équilibre logements-bureaux et sur le montant total de la facture, pour le Racing comme pour la ville. Car la publicité faite autour du débat, mais aussi la gestion de la voirie les jours d’événement, tout cela a un coût, qui sera supporté par la ville.

Les réponses

hc1g4456-sur le différentiel bureaux-logements : le maire de Nanterre, Patrick Jarry, rappelle son combat pour préserver l’équilibre entre « ville à vivre » et « ville à travailler ». Il est hors de question selon lui que le stade modifie l’équilibre souhaité entre bureaux et logements. Avant 2000, le projet de ZAC Seine Arche reposait sur un ratio de 1,03 mètres carrés de bureaux par mètre carré de logement. L’actuelle ZAC Seine Arche prévoit 217 000 mètres carrés de bureaux, pour 292 000 mètres carrés de logements. Ce cadre sera maintenu. Il reste 50 000 mètres carrés de bureau à réaliser, dont seront déduits les 28 000 mètres carrés prévus dans le projet Arena. Les mètres carrés de logements initialement prévus seront réalisés. Le maire annonce  également son intention de demander la transformation d’immeubles de bureaux en immeubles d’habitation grâce au financement de l’EPASA. Plusieurs immeubles du Parc Nord seraient concernés.

-sur le coût du projet : Pascal Simonin estime l’investissement à environ 250 millions d’euros, constructions et études comprises, totalement supporté par le maître d’ouvrage Racing Arena.

hc1g4290-sur l’aménagement de la zone : l’EPASA précise que les aménagements d’espaces publics étaient déjà prévus dans la ZAC à travers la programmation des Jardins de l’Arche, ainsi que les financements. Avec le stade sera réalisé un vaste parvis de 40 mètres de large prolongé jusqu'au pied de l'Arche pour faciliter son accès par les gares de la Défense. La passerelle sera conservée en l’état et fermée les jours d’événement pour éviter tout accident. Les jardins seront préservés.
L’EPASA rappelle enfin que 3 projets de nouveaux transports en commun sont à l’étude en Ile-de-France qui devraient désengorger la ligne A du RER. 

Conclusion avec les engagements de la ville

En conclusion du débat, Gérard Perreau-Bezouille estime que le projet doit valoriser l'image de Nanterre en créant un lieu de plaisir et de culture qui n'existe pas à la Défense.  Il s’engage sur différents points :
- La révision du PLU sera circonscrite à la question du stade et ne concernera absolument pas les Groues.
- L’accord sur la modification de la RD914 est un préalable à l’acceptation du projet Arena et la ville attend des engagements clairs de la part du président du Conseil général des Hauts-de-Seine sur la question.
- La convention avec le Racing Arena sera âprement discutée, pour garantir aux Nanterriens des tarifs préférentiels. Le protocole devra aussi entériner l’utilité de ce projet côté emploi.
Il souligne qu’une ville se construit aussi avec du rêve, de la fierté et que la banlieue a droit au beau !

 Pour retrouver le compte-rendu des interventions ouvrant la réunion publique du 18 octobre, cliquez ici.

Retrouvez le reportage réalisé par la web Tv du conseil général des Hauts-de-Seine.