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La présentation du projet architectural par Christian de Portzamparc et Bruno Durbecq Imprimer

arena_porzamparc_agora030bd« Ce projet nous a vraiment passionné », commence Christian de Portzamparc, dont les équipes ont travaillé six mois en continu sur l’Arena92.  Auteur de nombreuses salles de concerts et de spectacles à travers le monde (la Cité de la Musique à Paris, une Cité musique et danse près de Rio, le Philarmonique de Luxembourg, le théâtre de Casablanca, en cours de construction au Maroc) l’architecte rappelle d’abord qu’il connait bien Nanterre : il y a construit l’école de danse de l’Opéra de Paris, dans le quartier du Parc nord, un bâtiment qu’il avait voulu ouvert sur le parc malgré les craintes de Claude Bessy qui craignait la curiosité des jeunes pour les danseuses de l’Opéra…

Côté forme, « les stades sont traditionnellement ovoïdes, mais nous avions un terrain rectangle. Je voulais garder l’image symbolique du stade qui rassemble, j’ai donc choisi de créer un ovale inscrit dans un parallélépipède ». L’architecte a aussi voulu que l’Arena soit constituée de trois niveaux esthétiquement différents, symbolisant la modularité du lieu à la fois stade, salle de spectacles et lieu culturel : « Le rez-de-chaussée, en verre, renvoie au reste de la ville ; il est convivial, ouvert sur le quartier et propose des commerces. Le toit est une coupelle de béton, symbole de ce lieu qui réunit. Les écailles habillent les espaces sous les tribunes, accueillant loges, vestiaires, galeries ou sanitaires ». Côté matériaux, « j’ai voulu jouer le contraste entre les écailles blanches et brillantes et le toit, qui apporte la douceur mate du béton ».

Une entrée de salle de spectacles

prtzamparc-arena3Côté intégration dans l’espace urbain, « je voulais que le parvis soit l’entrée principale du stade, comme une entrée de salle de spectacles, alors qu’un stade a en général plusieurs entrées réparties tout autour. L’entrée sur le parvis ouvre sur cette perspective prestigieuse, avec d’un côté la Grande Arche et de l’autre les Terrasses de Nanterre ». A noter que l’Arena propose également des entrées secondaires réparties sur la rue des Longues Raies et la rue Aimé Césaire.
Le tout a représenté pour l’équipe de l’Atelier Christian de Portzamparc un véritable défi car la version salle de spectacles nécessitait un « surplus de sophistication technique » et les bureaux « une difficulté supplémentaire : il ne fallait pas qu’ils soient à part, dans un bâtiment bricolé, collé n’importe comment… Il fallait créer une continuité entre des bureaux ouverts sur l’extérieur et une salle totalement fermée. » Un grand patio sépare les 8 étages de bureaux du stade afin de les faire bénéficier d’un maximum de lumière naturelle.
L’Arena, installée « au cœur de la ville la plus intense, entre autoroutes, chemins de fer et frénésie des tours de La Défense » représente aussi pour l’architecte un élément rare dans un environnement urbain aussi dense.  D’où l’importance que les rues alentours ne soient pas juste les abords d’un stade, mais de vraies rues, passantes, avec des commerces : la rue des Longues Raies accueillera ainsi en rez-de-chaussée une brasserie, la rue Aimé Césaire accueillant, elle, la boutique du club et des espaces commerciaux importants.

Des tribunes en fer à cheval

prtzamparc-arena4Côté organisation intérieure, l’Arena est une sorte de fer à cheval avec trois tribunes principales à étages, accueillant grand public en rez-de-chaussée, tribunes VIP au 1er étage, loges à l’étage supérieur et enfin encore le grand public sous le toit. Une petite tribune est également prévue côté nord. C’est là également, côté nord, que sera installée la plupart du temps la scène, en configuration salle de spectacles.
« Une attention particulière a été portée au développement durable », poursuit Bruno Durbecq, architecte associé de Christian de Portzamparc, qui détaille : les cellules thermiques sur le toit, qui alimenteront en eau chaude le restaurant interentreprises ; le récupérateur d’eau de pluie ; la pompe à chaleur ; une récupération d’énergie sur les groupes électrogènes et des bureaux BBC, consommant moitié moins d’énergie qu’ailleurs. L’Arena respectera bien entendu toutes les lois sur l’accessibilité des Personnes à Mobilité Réduite, prévoyant 0,5% des places destinées à ce public, ainsi que des abords aménagés à toutes les entrées pour faciliter l’accès à tous.
Côté isolation sonore, l’acousticien Jean-Paul Lamoureux, qui travaille régulièrement avec Christian de Portzamparc, a créé un système capable d’affaiblir les « crêtes sonores » de 100-105 décibels possibles en pointe lors d’un concert, afin de ne laisser filtrer à l’extérieur qu’un bruit résiduel de 45 db, équivalent à celui observé actuellement la nuit dans le quartier.
« Ce sera le lieu de rencontre entre un grand symbole horizontal et public, dans un lieu, La Défense, symbole du privé et de la verticalité », conclut Christian de Portzamparc.

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