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« Prolonger les spectacles au cœur de la ville » Imprimer

itwzahraboudjemai105Selon Zahra Boudjemaï, adjointe au maire de Nanterre chargée de la culture, l'Arena représente un beau défi pour les artistes qui devront imaginer de nouvelles formes d'expression scénique pour investir totalement le lieu. Les associations culturelles de Nanterre y auront une carte à jouer en servant de relais pour prolonger dans la cité et sur le futur parvis les spectacles programmés à l'Arena. Interview.

Q - Quel regard portez-vous sur le projet Arena?
Zahra Boudjemaï : « Mon regard est en évolution, suite à mon expérience personnelle : je viens du territoire de Saint-Denis. J’y travaillais au moment où le Stade de France a été construit et pendant ses premières années de fonctionnement, j’ai donc conscience des difficultés qui accompagnent ce genre de projet. Au départ, j’avais quelques réticences. Aujourd’hui je pense que c’est vraiment une chance pour Nanterre de bénéficier d’un tel équipement. »

Q - Quelle place la culture pourra-t-elle occuper à l’Arena ?
Zahra Boudjemaï : « Plutôt que de culture ou d’événements culturels, je préfère dire que l’Arena accueillera de grands événements artistiques. Le Stade de France propose par exemple des grands spectacles comme Aïda, des grands concerts comme ceux d’Indochine ou de Johnny Halliday. Ces événements sont forcément financés par des fonds privés car ils coûtent cher ! Il faut des « grosses machines » comme cela pour occuper complètement un tel espace.
Pour moi, l’Arena représente surtout un beau défi pour les artistes : pour  que ces terrains sportifs deviennent des terrains d’expression artistique, il faut que les artistes se rencontrent et  s’unissent, qu’ils inventent de nouvelles formes de spectacles. Ils doivent expérimenter sans être effrayés par la dimension de l’Arena qui, par ailleurs, sera tout à fait proportionnée à ce quartier d’affaires… Un peu comme les spectacles pensés ou adaptés pour la cour du Palais des Papes à Avignon, il faut qu’ils osent investir le lieu, qu’ils osent la création de spectacles et décors entrant en résonance avec le lieu… C’est ce que fait le DJ Jeff Mills que nous espérons inviter sur les Terrasses en juillet 2011 : pour jouer, il s’appuie sur les lumières de la ville, il intègre aussi les sons de la ville, les bruits de l’autoroute par exemple.
Pour investir vraiment ce lieu, on peut tout imaginer et même un orchestre philarmonique comme l’orchestre de Chine avec ses instruments traditionnels… Ce sera un symbole tellement fort de voir un espace accueillant des pratiques artistiques au pied d’un centre financier !
Bien sûr, à côté de salles comme celle-ci, il faudra veiller à préserver des spectacles et des lieux où la proximité suscite l’émotion, où le spectateur peut voir les comédiens et les chanteurs de près. A Nanterre, nous avons beaucoup de lieux et de théâtres à faire vivre. Il faut vraiment combiner les deux ! »

Q – Comment les associations culturelles nanterriennes peuvent-elles s’associer à ces grands événements artistiques accueillis par l’Arena ?
Zahra Boudjemaï : « Je pense que les associations culturelles de Nanterre ne doivent pas être dans le rêve et imaginer qu’elles seront partie prenante de ce genre de spectacles. C’est une autre dimension ! En revanche, elles ont vraiment une carte à jouer, elles doivent servir de relais, de passeurs entre l’Arena et les quartiers.
C’est un peu ce que nous faisons avec le festival de films de danse « Les Bobines du mardi », en collaboration avec la cinémathèque Beaubourg, quand nous projetons ces films sur les murs de la cité : les gens du quartier sortent, les familles se réunissent, les jeunes aussi viennent voir. La culture rassemble, permet de partager des émotions.
Le travail des associations de Nanterre est là : prolonger les spectacles de l’Arena à hauteur de ville et de quartier, poursuivre les projets au coeur de la cité, imaginer des suites, des rebondissements à des « jauges » différentes. Et inversement. Par exemple : le soir de la Fête de la Musique, quand toutes les chorales chantent en ville, on pourrait instaurer une grande marche commune qui aboutirait à l’Arena, où tout le monde chanterait ensemble !
Le parvis lui-même sera un espace servant d‘intermédiaire entre la ville et l’Arena, dédié à des pratiques culturelles et artistiques portées par les associations de la ville. Et sa devise pourrait être : « Sur le parvis, les arts ! »