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Le conseil municipal vote la révision simplifiée du Plan Local d’Urbanisme autorisant le projet Arena Imprimer

prtzamparc-arena123h30, mardi 28 juin 2011, au conseil municipal de Nanterre.  Après deux heures  de débat vif et argumenté, après un an de concertation, de réunions publiques et d’enquêtes, le conseil passe enfin aux votes.

Pour ou contre le projet Arena, c’est la question qui est posée en filigrane derrière les trois délibérations proposées aux votes des élus nanterriens.
Le premier point, le bilan de la concertation préalable à la révision simplifiée du Plan Local d’Urbanisme sur le projet des Jardins de l’Arche (comprenant le projet Arena), recueille 30 oui,  15 non et 8 abstentions.
Puis la révision simplifiée du PLU est approuvée par 30 oui, contre 21 non et 2 abstentions.
Enfin, le conseil adopte le protocole d’usage et les  conventions entre le Racing Arena et la ville de Nanterre par 35 oui, 15 non et 3 abstentions.
Nanterre vient d’ouvrir la porte au projet Arena dans les Jardins de l’Arche et d’entériner les protocoles et conventions engageant le Racing Arena vis-à-vis de la ville.

Le débat a été ouvert par  Patrick Jarry qui  rappelle  la qualité de la concertation, menée sous l’égide de la CNDP (Commission Nationale du Débat Public) à la demande du conseil municipal. Une concertation jugée « suffisante, sincère et de qualité » par François Nau, garant pour la CNDP. Le maire de Nanterre rappelle également l’avis favorable, sans réserve, avec deux recommandations du commissaire enquêteur après l’enquête publique menée du 7 mars au 7 avril –l’une des recommandations, la mise en double sens de la RD 914, ayant été à nouveau récemment portée par le ville de Nanterre devant le Conseil général des Hauts-de-Seine. Selon le maire, la concertation a permis de faire évoluer le projet, de réfléchir aux contraintes posées par un équipement de ce type. Il souligne ainsi les 70 engagements contenus dans les conventions et protocole signés par la ville et le Racing Arena. Pour Patrick Jarry, Nanterre, territoire convoité a démontré lors de cette concertation sa capacité à ne pas se laisser imposer des choix dont elle ne veut pas !

100 000 heures d’insertion

Gérard Perreau Bezouille, 1er adjoint au maire chargé des Finances et Achats, de la Ville-monde (international) et de la Vie urbaine, développe ensuite les enjeux du protocole et des conventions garantissant très en amont les relations avec le Racing Arena, promoteur et futur gestionnaire de l’enceinte. Convention sur l’emploi, avec 100 000 heures d’insertion durant les 2 ans du chantier et 40% des emplois réservés aux Nanterriens sur les métiers du stade ; convention avec le Racing Métro 92 prévoyant par exemple des places réservées aux Nanterriens lors des matchs du Top 14, la participation des joueurs du club aux manifestations sportives locales  et un tarif attractif pour les jeunes ; convention avec le futur gestionnaire, Stadome,  prévoyant des tarifs préférentiels pour les associations de quartier de type centre social, ou encore la possibilité d’ouvrir l’Arena une fois par an  à un événement sportif local, un match important du club de basket de la ville par exemple. Et enfin le protocole d’usage qui  précise à la fois le nombre de manifestations annuelles proposées par l’Arena, les horaires des spectacles, la mise en place d’instances participatives pérennes associant les riverains,  ou encore  la gestion des déchets par l’Arena, mais aussi  le stationnement des cars à La Défense, ou  la mise en place par le promoteur de billets couplés spectacle-parking. Adjoint délégué aux Finances, Gérard Perreau Bezouille rappelle que les recettes fiscales attendues sont de l’ordre de 3 à 6 millions d’euros annuels. Pour lui le projet est porteur d’une identité positive et contribuera à faire une ville à vivre, dynamique, animée et contribuant à la diversité.

Grand Paris

Corinne Husson (Droite Populaire) félicite le maire pour la convention sur l’emploi, l’intérêt que présente l’Arena pour changer l‘image habituellement véhiculée par la ville et enfin pour la participation de l’Arena à la vision du Grand Paris. Elle relève 4 problèmes en suspens selon elle : le nettoyage des abords de l’Arena, la sécurité, le manque de commerces dans le quartier et le trop petit nombre d’invitations réservées aux Nanterriens : pour elle les riverains de la terrasse 17 devraient se voir attribuer des places quasi gratuites au vu des nuisances futures qu’ils auront à subir.

Manuel Devillers (Europe Ecologie) perçoit les recommandations du commissaire enquêteur comme de véritables réserves et se demande à quoi servent des concertations si elles se terminent toujours par un avis favorable. Il souligne le faible niveau des critères environnementaux retenus et annonce que son groupe s’abstiendra sur le bilan de la concertation préalable.

Patrice Marchal (Parti Socialiste) rappelle qu’il connait bien le Parc Nord dont il anime le conseil de quartier et  indique son inquiétude face au projet Arena. Un projet mené trop vite selon lui, par rapport à d’autres projets nanterriens, comme la reconversion de l’école d’architecture ou l’aménagement autour de la gare RER Université. « Ce projet doté de toutes les vertus a réussi une sorte d’union sacré autour de lui »  même s’il considère mauvais le bilan de la concertation qui a réuni 580 personnes ; il trouve que le projet a été  peu modifié par les contributions apportées lors des débats. Rappelant qu’une manifestation de  plus de 10 000 spectateurs est prévue chaque semaine, il conclut sur les défis redoutables à relever sur la circulation, le cheminement, etc. et  se dit perplexe quant à la fiabilité des prévisions sur la capacité des transports en commun à absorber le surplus de voyageurs provoqué par l’Arena.

 Projet structurant

Frédéric Lefret (Nanterre Populaire) approuve ce projet très structurant selon lui,  et salue une vraie concertation, regrettant cependant le manque d’implication des citoyens. Il s’interroge sur le risque d’annulation de la procédure de révision du PLU entraîné par la loi du 15 juin 2011. Il se félicite enfin que des élus, pour la première fois en France, n’aient pas droit à des places gratuites, se réjouissant de lutter ainsi contre l’image du « tous pourris ».

Bruno Chanut (Parti Socialiste) regrette de voir le rugby rejoindre actuellement  le foot business. Selon lui, aucune élaboration en commun n’a été conduite avec ceux qui auront à subir les conséquences de l’Arena. Il ne voit aucune vraie négociation, aucun rapport de force engagé par la mairie face au promoteur, aucune prise en compte des avis  étayés émis par les associations de riverains. Pour lui, le bâtiment de Christian de Portzamparc n’est qu’ « un pavé de béton », qui ne s’animera que la nuit tombée et n’apportera donc aucune animation à la vie de quartier le jour, à part des semi-remorques... « Voter pour ce projet signifie que l’argent peut tout à Nanterre, que la concertation n’y est qu’un concept, que les promoteurs peuvent y venir nombreux quelque soient les principes affichés par la ville ».

Gilles Duflos (Gauche démocrate) rappelle qu’il a été d’emblée favorable au projet Arena et qu’il ne comprend pas le sens de l’argumentation des opposants au projet. Il considère que le bâtiment choisi est un beau et grand stade et même s’il comprend les réticences des riverains, trouve que le projet a considérablement évolué, que des réponses ont été apportées grâce au protocole et aux conventions. Il pense que l’Arena renforcera l’attractivité de Nanterre et qu’elle ne modifiera pas fondamentalement la circulation et les déplacements, pas plus  qu’elle ne rompra la cohérence de l’environnement ni le paysage urbain dans lequel elle s’intègre.

L’Arena dans le quartier du Petit Nanterre

Jamel Mazouzi (Communistes et Initiative Citoyenne) souligne le lien manifeste entre le sport de haut niveau et le sport pour tous, s’appuyant sur l’exemple de la coupe du monde de football de 1998 organisée et remportée par la France et qui avait été suivie par une hausse de 30% du nombre de licenciés, y compris chez les filles, qui brillent actuellement au championnat du monde de foot féminin en Allemagne. Selon lui, l’arrivée de l’Arena renforcera l’identité de Nanterre, car un tel équipement est en relation directe avec le rayonnement d’une ville.  Cela se mesure par exemple aux réactions de protestation des élus de Saint-Etienne ou Bordeaux lorsque leur ville n’ont pas été retenues pour l’organisation des championnats d’Europe de football en 2016.

Julien Sage (Europe Ecologie) dit ne pas être opposé à l’idée d’un stade à Nanterre mais refuse l’emplacement choisi, proposant plutôt  près du pont de Rouen ce qui permettrait d’amener le RER dans ce quartier et de désenclaver le Petit Nanterre. Son groupe s’abstiendra sur le bilan de la concertation mais il ne ferme pas la porte à la question des conventions si le projet de révision du PLU et donc du stade est voté ; car selon lui il faut que la puissance publique soit présente sur de tels équipements et il  regrette que le projet de Protocole n’ait pas été beaucoup plus ambitieux.

André Cassou (MRC) précise que nombre des réserves émises par son groupe persistent. Il déplore «  une concertation à la hussarde menée tambour battant car  time is money » et regrette la conduite même du projet, la révision simplifié du PLU, dans un faux contexte contraint. En revanche, ses principales interrogations sur la sécurité sont levées, la vidéo protection sera ainsi temporaire et la ville ne sera pas engagée dans des missions de sécurité publique. Pour lui l’Arena sera une cathédrale sportive et de loisirs, un nouveau pôle de centralité et en parallèle avec le projet du Grand Paris, permettra une accélération du développement de ce secteur, un nouveau lien avec La Défense. L’abstention de son groupe ne signifiera pas indifférence mais bien plutôt  un engagement de vigilance.

L’Arena lieu d’expression, de lutte et d'indignation

Odette Siméon (Europe Ecologie) regrette les terrains de sport qui vont disparaitre et qui représentaient une respiration bienvenue dans le quartier alors que l’Arena sera en totale symétrie avec le CNIT.  Soulignant que partout en France les élus écologistes se dressent contre les stades, elle déplore l’esprit mercantile du président du Racing et aurait préféré que l’argent public aille aux logements et aux transports.

Zahra Boujemaï (Communistes et Initiative Citoyenne)  rappelle qu’elle habite aussi le quartier du Parc Nord et est favorable au projet. Elle souligne que nombre de grands rassemblements autour du spectacle et de la chanson sont aussi des lieux de lutte et d’action, à Woodstock contre la guerre au Vietnam, en Afrique du Sud autour d’un concert de Johnny Clegg pour la libération de Nelson Mandela, Mais aussi Solidays contre le Sida, les restos du Cœur, We are the World contre la faim en Afrique ou même la fête de l’Humanité. Pour elle, l’Arena peut être un lieu d’expression, de lutte, d’indignation et d’action et Nanterre peut devenir grâce à ce projet la ville des grandes luttes sociales après avoir été longtemps la ville des bidonvilles.

Pierre Creuzet ( Modem PRG Cit) rappelle qu’en juin 2010 son groupe était favorable à la concertation afin d’étudier l’implantation de l’Arena. Pour lui, l’Arena peut être un outil pour redynamiser le quartier et ouvrir Nanterre sur La Défense et l’Université. Il souligne que nombre de Nanterriens sont favorables à ce projet et que les demandes des associations ont reçu des réponses positives, par exemple la commission tripartite  qui réunira le gestionnaire du lieu, la ville et les associations de riverains. Pour lui, la volonté politique permettra de réussir cet équipement, Il appelle tous les groupes, si le vote est positif, à se battre pour cela.

Sophie Donzel (Parti Socialiste) veut reposer ce qui est pour elle la question fondamentale : ce projet améliore-t-il la vie des Nanterriens, et leur bien-être, quel est son intérêt pour les habitants et les usagers de la ville ? Pour elle, il ne permettra pas de mieux les loger au contraire car il aura un impact inflationniste sur le marché immobilier et bouleversera radicalement l’équilibre de la ZAC. Il ne leur permettra pas non plus de mieux travailler car la discrimination territoriale prévue dans la convention est interdite en droit français. L’Arena ne permettra pas enfin aux Nanterriens et aux usagers de se divertir. Aux quelques places offertes prévues par les conventions, elle préfèrerait un tarif intéressant pour tous. Elle souligne que l’arrivée de l’Arena pose un coin dans la cause de la mixité urbaine et sociale qui fait l’identité de la ville. Et donne au contraire un signal aux autres promoteurs qui veulent modifier les règles de constructibilité contenues dans le PLU de Nanterre.

Ghislaine Quilin (Communistes, Initiative citoyenne) rappelle l’expérience de Saint-Denis où le Stade de France a été accueilli de façon très positive par les habitants.