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« Une grande présence douce et horizontale au milieu d’un quartier vertical » Imprimer

prtzamparc-arena1Interview de Christian de Portzamparc, architecte lauréat du concours lancé par le Racing Métro 92 pour la réalisation de la future Arena92.

Question : Quelles ont été vos idées directrices du point de vue de la fonctionnalité du lieu et de son intégration dans le paysage urbain ?

Christian de Portzamparc :
« Le futur site de l’Arena est situé en plein cœur de ville, une ville dense même si le cimetière, zone calme, n’est pas loin, avec le métro en dessous, le train et les autoroutes tout près, les tours, les immeubles d’habitations… L’idée qu’un stade,  grand symbole public, s’installe ici, c’est rare et magnifique ! On est aussi entre quatre rues, avec une géométrie contrainte, rectangulaire.
J’ai voulu garder l’image du stade qui est quelque chose qui rassemble, en dessinant un bâtiment plutôt ovoïde que rectangulaire.

Ce que j’ai cherché aussi dans la présence urbaine, c’est qu’on sente l’ « idée stade » en donnant à voir les tribunes. J’ai voulu qu’on les détache dans le ciel ! C’est le rôle de la corolle, le mouvement du toit qui recouvre les tribunes dans un béton clair et s’enroule autour de l’Arena. En-dessous, j’ai voulu une couronne d’écailles de verre et de métal, dotées d’une  blancheur et d’une brillance qui joue avec le béton du toit, mat et beige. Ces écailles sont des coques verticales légèrement incurvées qui jouent avec la lumière jour et nuit, et qui ont également des caractéristiques thermiques intéressantes : elles protègent bien l’intérieur du bâtiment du rayonnement solaire. Cette couronne reçoit la circulation des tribunes, les loges, les vestiaires, toutes ces fonctions qui prennent beaucoup de place, qui sont indispensables et qui devaient elles aussi avoir une vraie façade !

Un autre aspect important pour l’intégration urbaine était de réussir à ce que la rue Aimé Césaire  vive en dehors du stade et des événements. Pour cela, on y a prévu du commerce, une librairie et une brasserie ouvertes en semaine et le week-end, plus la boutique du club.
C’était une gageure de réunir toutes ces fonctionnalités en un seul lieu, ces trois dimensions l’une sur l’autre : que le rez-de-chaussée fasse partie de la vie urbaine ; que le deuxième niveau ne soit pas une muraille aveugle et rigide, et que encore au-dessus, dans le ciel, on ait cette impression de stade grâce à un grand anneau unifié. »

Question : Les Arenas se développent un peu partout dans le monde. Comment caractérisez-vous l’originalité de celle-ci ?

Christian de Portzamparc :
 « Avec ses écailles,  ce stade a quelque chose de raffiné… Il y a une certaine douceur aussi, grâce au rectangle arrondi. Le stade prend sa forme en s’installant vraiment dans le gabarit urbain. L’arrondi et les trois  niveaux lui permettent de ne pas être écrasant, de dialoguer avec l’environnement. Il s’intègre tout en gardant une vraie présence. Je suis très attaché à cet « effet présence », il faut qu’on lise bien ce symbole unitaire .
Je crois que cette coque en haut va se voir de loin et que ce sera un repère ; pour une fois dans ce quartier habité par des présences très verticales on aura une grande présence douce, horizontale, c’est aussi ce qui fait la particularité du projet. »

Sur le même sujet, lire aussi :
-La présentation du projet architectural par Christian de Portzamparc et Bruno Durbecq, architectes lors de la réunion de présentation du 1er mars 2011 à l’Agora.
-Le projet d’aménagement des Jardins de l’Arche par Alexandre Villatte de l’EPADESA.
-Le débat qui a suivi.